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Le sud-coréen M. Lim est élu à la tête de l’OMI

C’est à l’issue d’une élection « par élimination » que les quarante Etats Membres qui forment le Conseil de l’Organisation maritime internationale (OMI), réuni ce mardi à Londres, ont choisi le nouveau Secrétaire général. Il aura fallu un vote de deux heures pour que le candidat de la République de Corée, M. Lim Ki-tack, remporte l’élection face au dernier candidat en lice, le danois Andreas Nordseth, après l’élimination surprise du chypriote Andreas Chrysostomou.

Il faut dire que M. Lim n’était pas le grand favori des pronostics, en raison notamment d’interrogations sur la volonté ou la possibilité d’élire un sud-coréen à la direction d’une grande agence de l’ONU, alors que cette dernière est elle-même dirigée par un compatriote M. Ban Ki-moon, et du fait de la tradition à l’OMI qui vise à alterner la région d’origine de son Secrétaire général. Mais le candidat élu présentait bien toutes les caractéristiques requises d’un point de vue politique, gageures de la bonne tenue des affaires de l’OMI. Officier puis administrateur maritime, il a occupé les fonctions de président du MOU de Tokyo sur le contrôle des navires par l’Etat du port, a représenté son pays à l’OMI en tant que spécialiste des questions de sécurité, et depuis 2011 il était à la tête de l’autorité portuaire de Busan. M. Lim est réputé pour ses qualités diplomatiques, donc sa capacité à obtenir l’indispensable consensus auprès des 170 Etats Membres, sans lequel l’OMI ne peut prendre de décisions et avancer dans l’élaboration de nouvelles règles maritimes. Il fallait également voir en lui le candidat le susceptible de rester à l’écoute des pays en développement, au sein de ce forum parfois dominé par les grandes nations maritimes.

Son programme de campagne électorale peut se résumer ainsi : « l’OMI doit agir en amont et communiquer davantage, tout en renforçant l’application des instruments déjà existants ». Rien d’extravagant ni de révolutionnaire, mais une certaine forme de bon sens. Et c’est bien ce que les Etats Membres recherchent, au moment où l’OMI doit affronter une certaine crise de confiance, face à la multiplication des conventions, instruments et autres réglementations, qui alourdissent sans cesse les charges administratives subies par les différents acteurs du secteur maritime. Outre la nécessité d’alléger cette charge jugée parfois insoutenable, et de faciliter la mise en œuvre des règles de l’OMI existantes, d’autres dossiers chauds attendent M. Lim à sa prise de fonction en janvier 2015. On peut citer notamment l’éternelle Convention sur la gestion des eaux de ballast, en attente de ratification depuis plus de dix ans, les délicates questions sur le contrôle des émissions de CO2  et l’indice EEDI (rendement énergétique) des navires, les attentes d’une partie du secteur concernant la meilleure prise en compte de l’élément humain, et pour finir, la situation des migrants en Méditerranée, qui semble hélas encore loin d’être résolue.

Article rédigé pour la Newsletter du Marin, 01/07/2015

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